LE CORPS - entre marionnette et mots

LE CORPS - entre marionnette et mots

Oui, ça fait du bien de raconter.

Oui, ça fait du bien de reformuler notre réalité avec des contours que l’on choisit pour la rendre plus supportable.

Oui, ça fait du bien de pointer les histoires que l’on souhaite faire circuler, afin de constituer notre mémoire commune pour poser les bases de demain. Des talismans vers lesquels il est possible de revenir quand le désespoir nous frôle.

MA DÉMARCHE… après la Grande Collecte

Au travers de différentes institutions montheysannes : 

UAPE (accueil extra-scolaire) ;  Soluna (maison des jeunes) ;  Casa Nova (médiathèque) ;  Maison du Monde (service de l’intégration) ;  Buvette du Quartier culturel de Malévoz (hôpital psychiatrique) ;  ProSenectute ;  Double-Croche (foyer de jour pour personnes seniors)

je suis entrée en lien avec une huitantaine de personnes qui m’ont livrées des histoires intimes autour d’un objet précieux à leurs yeux.

L’empreinte en creux que m’ont laissées ces rencontres a été la nourriture essentielle pour entrer en écriture. Leur contenu évidemment, mais aussi la qualité artistique de ce qui m’a été transmis – la précision des mots, le rythme de la parole, les silences. En effet, j’ai été bouleversée par le potentiel poétique de chacun·e dès lors qu’il existe un espace et un temps hors du quotidien pour « dire ». Une scène en somme. J’ai assisté à huitante spectacles pour une spectatrice. Je me suis sentie terriblement privilégiée parce que l’art de la parole est un endroit d’exploration accessible et puissant. La première personne avec qui je me suis assise me l’a d’ailleurs fait remarquer en commençant par  « Elle est très triste cette histoire, c’est ok pour toi ? »  et en terminant avec  « Ça m’a fait du bien en vrai... de raconter cette histoire. »

photos : Cédric Raccio

Nous absorbons tous les jours des histoires. Des événements d’actualité se mêlent à nos récits individuels. Ils se cristallisent, s’entrecroisent, se sédimentent en nous. Nous constituent.

Parfois un objet raconte tout ça. Les récits intimes et collectifs se télescopent en lui et PAF ! Magique, mai vrai : l’objet perd toute son utilité et devient une autre histoire.

La théière jaune n’est plus la théière jaune, mais elle devient ce secret que mamie m’a raconté un jour d’hiver au goûter alors qu’il neigeait à gros flocons et qu’une écharde du banc d’angle me rentrait dans les fesses.

Étrange réaction chimique, non ?

Je vous invite, parce que je me questionne sur les histoires qui nous habitent tous et toutes aujourd’hui. Sur ces présences - en nous ou autour de nous - que l’on reconvoque, parce qu’elles nous ont construit·e·s, provoqué·e·s, consolé·e·s, amusé·e·s, rassuré·e·s.

Je suis comédienne et marionnettiste.

Depuis 15 ans, je partage des histoires que je fabrique à partir de morceaux de récits, de matières, de sons. La plupart du temps, je mixe tous ces ingrédients de mon côté et puis je les fais circuler auprès des gens. Avec ce projet de collectage, je souhaite emprunter un autre chemin, où la rencontre avec vous est mon point de départ.

Quel objet vous raconte ?

émilie bender

ARRÊT DEMANDÉ…

… quelle joie, la cheffe de Gare a accepté !

Destination inconnue – je dépose mes valises pour trois ans en attendant le train suivant.

Dans la bleue à carreaux, j’ai une petite famille de marionnettes. Juste derrière, dans celle en cuire, des microphones et une cabane où se cacher pour papoter. J’ai aussi un sac de mots… je cherche son utilité, si vous avez vu passer une idée ?

Et puis, au creux de ma poche, il y a cette folie de faire radio avec vous...  tout s’écoute par  ICI